Relever le défi de la CAA pour un enfant avec un TSA - Trouver sa voix

La vie nous réserve souvent de jolis cadeaux. Il y en a même qui font encore plus plaisir que d’autres, comme l’apparition inattendue un vendredi soir sur l’écran du téléphone du visage rond et maintenant très adolescent de l’ancien petit garçon qui m’a ouvert la porte de l’autisme. 


La conversation s’engage, facile, fluide, jusqu’à ce qu’il écrive « c’est l’heure de mon émission préférée. A bientôt, bisous. ». Et je me retrouve propulsée dix ans en arrière, quand je lui disais « c’est fini, à bientôt, bisous ». Et lui qui, à l’époque, ne parlait pas encore, levait ses grands yeux vers moi, tournait la tête et partait. 
Le temps a passé, nous disposons maintenant de nouveaux et beaux outils pour soutenir la communication des enfants autistes, même très jeunes, pour leur apprendre le langage, même quand la parole n’est pas (ou pas encore) leur modalité favorite. Comment mettre à leur service le dispositif qui leur sera le mieux adapté ?

Une voix à soi

Tout d’abord, il leur faut une voix, qu’ils puissent choisir. La voix qui oralisera pour eux doit être adaptée à leur âge et à leur sexe : un jeune enfant n’a pas la grosse voix pleine d’assurance d’un grand ado et inversement.


Les enfants avec de l’autisme entrent fréquemment dans le langage en répétant des mots, des morceaux de phrases, voire des phrases entières.  Une synthèse vocale a le grand avantage sur les vraies personnes, de toujours oraliser le même mot de façon toujours identique. Cela offre un modèle auditif stable pour un enfant autiste qui perçoit comme des sons différents toutes les modifications apportées à un mot par des timbres, des intonations, des accentuations aussi diverses qu’il y a d’interlocuteurs et de contextes de communication.

Une intonation naturelle


Les intonations sont porteuses d’informations sur les intentions de communication de la personne qui parle. Ce sont elles qui indiquent si nous posons une question, donnons une information, sommes surpris, etc… Le dispositif de communication doit bien sûr oraliser ces informations.


La prosodie est compliquée à acquérir pour les personnes autistes. Il est donc essentiel que, dès l’enfance, la personne se sensibilise à l’intonation des questions, des exclamations, etc…. et dispose d’un bon modèle à éventuellement reproduire quand elle en aura la possibilité.  


Enfin, nous savons que ces enfants sont sensibles, de façon très individuelle, à la vitesse de notre élocution. La rapidité de la parole de la tablette doit donc être paramétrable aisément pour chacun.

Très bientôt, dans la suite de cet article, Albane nous expliquera l’importance du vocabulaire de base pour soutenir l’enseignement élargi de toutes les fonctions de communication. 

~ Albane PLATEAU, orthophoniste à l'IME Constellation et au SESSD APF de Saint Etienne.

Bibliographie
 
P. MIRENDA et T. IACONO, Autism Spectrum Disorders and AAC, 2009, AAC series, Paul H. Brookes Publishing C
 
 

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